Sân el-Hagar, la ville actuelle, voisine des ruines antiques, est située à environ 130 kilomètres au nord-est du Caire, dans la province de Sharqeyah. Le site est bordé par le bahr Saft
qui correspond probablement à l’ancienne branche tanitique du Nil.
Topographie
Le tell Sân dresse sa masse énorme et trapue au-dessus des terres environnantes. D’une longueur nord-sud de près de 3 km et d’une largeur approchant 1,5 km, il culmine à plus
de 30 m, dominant ainsi les terres alluviales du Delta. Sa surface couvre près de 180 ha. Sa structure est constituée de niveaux anthropiques qui peuvent atteindre 25 m d’épaisseur,
et reposent sur un substrat naturel formé de dunes de sable fossiles (turtlebacks, gezirah).
Contexte historique
Tanis illustre bien les grandes variations qui ont affecté le nord-est du Delta depuis trois millénaires. Les buttes de sable originelles se sont trouvées intégrées, à la suite de modifications
du régime des branches du Nil, à des terrains favorables au développement d’une cité née de conditions économiques, politiques et religieuses mal définies, mais fondées sur des
rivalités internes à l’Égypte liées aux crises du Nouvel Empire finissant et aussi sur la pression croissante des pays du nord et de l’est dans les relations internationales. La ville se
développa à partir de la fin de la XXème dynastie (vers 1100 av. JC). Sous la XXIème dynastie (1070 à 945 av. JC), elle devint la capitale d’une Égypte à nouveau livrée aux traditionnelles
divisions entre le Nord et le Sud. Métropole religieuse et funéraire sous la XXIIème dynastie, elle conserva une indéniable importance jusqu’à la fin de l’époque ptolémaïque. Dans le
cours de l’époque romaine, la subsidence d’une partie des régions côtières entraîna l’extension du lac Menzaleh, la progression des eaux salées et l’anéantissement de l’espace agricole.
Tanis périclita. Les lieux prirent progressivement l’aspect que les découvreurs des XVIIIème et XIXème siècles ont enregistré dans leurs récits.